Jour 4 – Entre averses diluviennes et palais de Dolmabahçe
Cette quatrième journée a été un peu compliquée à cause d'une pluie quasiment incessante, parfois même diluvienne, jusqu'aux alentours de 15 heures.
En quittant l'hôtel, il ne pleuvait pourtant pas très fort. Mais à une cinquantaine de mètres de la station de métro, le ciel nous est littéralement tombé sur la tête. Des trombes d'eau ! Malheureusement, nous n'avions rien prévu : ni parapluie, ni poncho, ni veste imperméable. Nous avons donc rejoint le métro déjà bien trempés.
Nous avons pris le métro jusqu'au quartier de Pera, puis nous avons rejoint à pied la grande avenue commerçante İstiklal Caddesi, celle où circule le célèbre tramway historique rouge. Nous avions envisagé d'acheter un parapluie, mais finalement nous avons préféré ne pas nous encombrer. Avec le recul, cela nous aurait sans doute été bien utile !
En remontant l'avenue, nous avons visité l'église Saint-Antoine de Padoue, un lieu très paisible qui contraste avec l'animation de la rue.
Nous sommes également entrés dans quelques magasins, notamment un Decathlon. Les prix nous ont paru légèrement supérieurs à ceux pratiqués en France. Quand on pense que le revenu moyen en Turquie est nettement inférieur, cela doit représenter un budget conséquent pour les habitants.
Nous avons poursuivi notre promenade jusqu'à la place Taksim. Là, nous nous sommes arrêtés dans un petit restaurant sans prétention pour déjeuner. J'ai choisi une assiette de kebab de bœuf, tandis qu'Evan a pris un sandwich kebab au poulet. Simple, bon et économique.
Il fallait ensuite rejoindre le funiculaire qui descend de la place Taksim vers le palais de Dolmabahçe. Mais entre le restaurant et l'entrée du funiculaire, la pluie s'est de nouveau déchaînée. Nous avons dû nous abriter à plusieurs reprises, mais cela n'a pas suffi : nous sommes arrivés complètement trempés.
Heureusement, l'entrée dans le palais nous a permis de nous mettre enfin au sec.
Les extérieurs du palais (photos prises à la sortie, après la pluie) :
La visite de Dolmabahçe est vraiment très intéressante. C'était la deuxième fois que je le visitais, et cela m'a rappelé un roman que j'avais lu il y a plus de trente ans : De la part de la princesse morte, de Kenizé Mourad. Ce livre raconte l'histoire de la mère de l'autrice, une princesse ottomane qui vécut au sein du harem du dernier sultan.
Lors de ma première visite, je venais tout juste de terminer ce roman. Cette fois encore, j'ai retrouvé avec émotion les lieux décrits dans le livre.
Ce qui m'a le plus marquée reste le couloir du harem situé à l'étage. D'un côté, on aperçoit le Bosphore. De l'autre, en se penchant un peu, on distingue la grande salle de réception située en contrebas. C'est de là que la mère de Kenizé Mourad et les autres femmes du harem assistaient discrètement aux grandes réceptions. Elles entendaient les conversations, les rires et la musique, mais n'avaient pas le droit de rejoindre les invités. J'ai d'ailleurs réalisé un petit montage photo pour illustrer ce souvenir qui m'avait profondément marquée.
Evan, quant à lui, a préféré Dolmabahçe à Topkapi. Il trouve que ce palais ressemble davantage à ceux que l'on connaît en Europe, avec une architecture plus moderne et des décors plus proches des grands châteaux français. Je comprends tout à fait son point de vue : les deux palais sont très différents et chacun possède son propre charme.
À notre sortie, bonne surprise : la pluie avait enfin cessé. Nous avons pu marcher tranquillement le long du Bosphore avant de visiter le musée de la Peinture situé dans l'enceinte du palais. Pour être honnête, nous l'avons parcouru assez rapidement. Ni Evan ni moi ne sommes de grands amateurs de peinture, et nous ne connaissions pas la plupart des personnages ou des paysages représentés.
Nous sommes ensuite rentrés tranquillement à l'hôtel grâce au tramway T1. Le trajet est assez long, mais nous étions assis et cela nous a permis de nous reposer un peu après cette journée bien arrosée.
La journée ne s'est toutefois pas arrêtée là.
En soirée, nous avions réservé un dîner-croisière sur le Bosphore. Nous avons rejoint le port à pied. La marche a duré une bonne demi-heure, mais le bateau partait d'un autre embarcadère que celui de notre croisière de la veille, et les transports en commun n'étaient finalement pas très pratiques pour s'y rendre.
Le bateau était agréable, mais il y avait énormément de monde. L'ambiance était très festive… et surtout très bruyante !
Pendant le repas, plusieurs spectacles de danses traditionnelles se sont succédés.
Après les spectacles, de nombreux passagers turcs se sont levés pour danser sur les musiques traditionnelles, créant une ambiance très chaleureuse.
De mon côté, je suis sortie plusieurs fois à l'arrière du bateau afin de photographier le coucher du soleil, puis quelques monuments illuminés une fois la nuit tombée.
En revanche, si je devais donner un conseil, ce serait de privilégier une croisière sur le Bosphore en journée pour découvrir Istanbul. La balade nocturne est très différente : on aperçoit seulement quelques monuments éclairés, mais on ne distingue ni les palais, ni les villas, ni la végétation qui bordent les rives. Les deux expériences sont donc complémentaires, mais si l'objectif est de découvrir le Bosphore, la croisière de jour est largement plus intéressante.
Le repas, quant à lui, était tout à fait correct : une entrée, un plat et un dessert, en quantité raisonnable. Rien d'exceptionnel, mais c'était bon.
Pour être honnête, ce type d'ambiance très animée n'est pas vraiment ce que nous préférons, ni Evan ni moi. Cela dit, une fois de temps en temps, c'est sympathique à vivre, ne serait-ce que pour découvrir une autre facette d'Istanbul.
À la fin de la soirée, nous avons voulu reprendre le tramway pour nous rapprocher de l'hôtel, mais il semblait que le dernier soit déjà passé. Nous sommes donc rentrés à pied une nouvelle fois.
Nous sommes arrivés devant notre hôtel pile à minuit. En entrant dans la petite épicerie située juste en bas pour acheter une bouteille d'eau, une surprise nous attendait : la Marseillaise retentissait dans le magasin. Le match de l'équipe de France de football allait commencer !


















































































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